Le Polonais Michal Kwiatkowski est devenu champion du monde de cyclisme, dimanche à Ponferrada, en Espagne.
Kwiatkowski a précédé de quelques secondes un petit groupe.
L'Australien Simon Gerrans a pris la deuxième place, l'Espagnol
Alejandro Valverde la troisième, au terme des 254,8 km. Aucun Polonais
n'avait encore gagné le titre majeur du cyclisme.
« Je savais qu'avec la pluie, c'était possible d'arriver seul »,
a déclaré le nouveau porteur du maillot arc-en-ciel qui, depuis 2012,
s'est fait une place de choix au sein de sa puissante équipe de marque
(Omega Pharma). Kwiatkowski, dans une prise de risques maîtrisée, a
surgi dans la descente de la première des deux côtes du parcours, dite
« Confédération ». Son numéro de virtuose, malgré la chaussée glissante,
lui a permis de rejoindre les échappés (de Marchi, Valgren, Kiryienka, Gautier) et surtout d'aborder la seconde côte, « Mirador », avec quelques seconces d'avance sur le premier peloton.
Dans une course qui s'est jouée, comme attendu, au centimètre, le
Polonais a utilisé au mieux cet avantage. Il a basculé au sommet avec 9
secondes d'avance sur ses poursuivants, Valverde, Gerrans, Gilbert, Van
Avermaet, Gallopin, et a préservé pour l'essentiel l'écart dans la
descente vers Ponferrada. Les efforts désespérés du champion du monde
2012, le Belge Philippe Gilbert, pour son compatriote Greg Van Avermaet
n'ont pas suffi dans la partie finale et plate (2 km) dans la traversée
de la ville du Leon. Kwiatkowski a pu se relever avant la ligne, franchie une seconde avant ses poursuivants.
RIVAL DE SAGAN
« Le circuit n'était peut-être pas assez dur mais mais nous n'allons pas nous plaindre. C'est très difficile d'obtenir une médaille. Cela m'en fait six. J'aurais préféré l'or mais c'était très compliqué », a commenté Valverde (deux fois en argent et désormais quatre en bronze). Pour tous ses adversaires, Kwiatkowski, qui a débuté en 2010 dans la formation espagnole Caja Rural avant de rejoindre RadioShack et d'être recruté par Patrick Lefevere, n'a rien d'un inconnu. Fort sur tous les terrains, il a battu en début de saison la référence allemande Tony Martin dans un contre-la-montre (Tour d'Algarve) et a surclassé le Slovaque Peter Sagan dans le mur d'arrivée des Strade Bianche, une semi-classique italienne.
Très en vue dans les classiques ardennaises (5e de l'Amstel Gold Race, 3e de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège), il s'est peu montré dans le Tour de France, hormis dans le final de l'étape de Sheffield (3e derrière Nibali et Van Avermaet). Mais c'était pour mieux rebondir au Championnat du monde qu'il a préparé en altitude, dans le nord de l'Italie.
Rival de Sagan dans les catégories de jeunes, il a pris l'avantage
sur le Slovaque dans la conquête du maillot arc-en-ciel. Transparent à
Ponferrada, Sagan a laissé la vedette à un autre coureur de l'Europe de l'Est, une puissance montante du cyclisme.Les Français n'ont eux pas réussi à monter sur le podium mais la délégation tricolore peut se consoler avec le titre obtenu la veille par Pauline Ferrand-Prevot lors de l'épreuve féminine.

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