L’Europe aborde la saison grippale 2014-2015 démobilisée et en ordre
dispersé. Tel est le constat amer et inquiétant qui ressortait de la
cinquième conférence du Groupe scientifique européen de travail sur la
grippe (ESWI, en anglais), qui s’est tenue à Riga (Lettonie), du 14 au 17 septembre.
La conférence, qui réunissait près de 700 délégués, a rappelé par la
bouche de son vice-président, Peter Openshaw, de l’Imperial College, à
Londres, à quel point la grippe ne doit pas être prise à la légère. Sa
seule forme saisonnière fait chaque année 250 000 à 500 000 morts dans
le monde (la plupart dans les pays en développement) ; et même
l’Europe déplore 40 000 morts en moyenne par an.
De plus, les virus grippaux mutant très facilement, la maladie
connaît périodiquement des flambées pandémiques, touchant alors une
proportion élevée de la population mondiale. La pandémie peut être
bénigne, ressemblant alors à la grippe saisonnière, comme ce fut le cas
en 2009 avec le variant H1N1.
Mais elle peut se montrer bien plus meurtrière : la « grippe
espagnole » de 1918 tua 50 millions de personnes. Un risque qu’il faut
prendre au sérieux : au moins quatre formes du virus, particulièrement
redoutables quoique pour l’instant peu transmissibles entre humains,
circulent actuellement à bas bruit en Chine, menaçant d’acquérir les
quelques mu...

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