Pour Lyon, c'est presque une habitude de voir ses produits du cru mis
en avant : en début d'année, une étude du CIES avait déjà souligné
l'excellence du club en la matière, en recensant les joueurs issus de sa
formation présents dans un des cinq grands Championnats européens
(France, Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie). Avec 31 joueurs,
Lyon n'était, à l'époque, devancé que par le Barça et sa fabrique à
champions, la Masia (44 joueurs). Suivaient, dans l'ordre, le Real
Madrid (31), Rennes (28) et Arsenal (27).
Meilleur centre de
formation de Ligue 1 pour la saison 2013-2014, devant Rennes et Monaco,
Lyon, contraint par ses finances en attendant son Grand Stade, et
confronté à une nouvelle vague de blessés, s'appuie davantage encore sur
les talents issus de sa pépinière, grande fierté du président
Jean-Michel Aulas.
Face à Lorient, mercredi lors de la 7e journée de
Ligue 1 (4-0), Nabil Fekir (doublé), Clinton N'Jie et Alexandre
Lacazette, trois joueurs formés au club (huit dans le 11 de départ), ont
marqué les quatre buts lyonnais. Pas vraiment surprenant, en fait,
puisque les 11 buts de l'OL en L1 (et même les 19, toutes compétitions
confondues !) ont tous été l'oeuvre d'un produit local : Tolisso, N'Jie,
Umtiti, Malbranque (1), Fekir (3) et Lacazette (4). Une statistique
unique en Ligue 1, et seulement égalée par trois autres formations dans
les quatre grands Championnats européens sur le début d'exercice
2014-2015. NB : les classements publiés ci-dessus ont été arrêtés au
soir de la 4e journée (Serie A), 5e journée (Premier League, Liga et
Bundesliga) et 7e journée (Ligue 1).
Meilleure attaque de L1 avec
19 buts, l'OM n'a marqué que deux fois grâce à un « produit » de sa
formation, en l'occurrence André Ayew, arrivé à la Commanderie à l'âge
de 15 ans. Derrière Lyon, intouchable dans ce domaine sur la scène
nationale, Nice arrive deuxième si l'on s'intéresse au ratio buts de
joueurs formés au club/buts, avec 4 réalisations sur 7 (57%), oeuvres
d'Alexy Bosetti (3) et Jordan Amavi (1). Suivent Lorient (50%, 3 sur 6),
avec le seul Valentin Lavigne, et Metz (43%, 3 sur 7), avec Yeni
Ngbakoto (2) et Gaëtan Bussman (1).
Sept clubs de L1 (Montpellier,
Guingamp, PSG, Evian-TG, Rennes, Saint-Étienne et Bastia) n'ont pas
marqué le moindre but avec un joueur formé au club. Buteur au bout du
temps additionnel face à Montpellier mardi (1-0), Valère Germain sauve
Monaco du zéro pointé (14%, 1 sur 7).
Est-ce l'indéniable preuve
du déclassement de notre Championnat, ou bien l'indicateur formel de la
qualité de nos centres de formation ? Le constat est en tout cas limpide
: avec 35 buts sur 165 (21%) marqués par des joueurs formés dans leurs
clubs respectifs, la Ligue 1 surpasse le Big 4 composé de la Liga (16%),
la Premier League et la Bundesliga (8%) puis de la Serie A (5%), qui
ferme la marche.
Trois clubs italiens, seulement, se sont appuyés
sur des joueurs du cru pour tromper une défense adverse : la Juventus
Turin (1 sur 7, Claudio Marchisio), l'AS Rome (1 sur 7, Alessandro
Florenzi) et Empoli (3 sur 4, Daniele Rugani, Manuel Pucciarelli et
Lorenzo Tonelli). Ils sont 7 en Premier League, 6 en Liga et en
Bundesliga, contre 13 en Ligue 1.
La suprématie lyonnaise résiste à
la comparaison avec les quatre grands Championnats européens, que l'on
considère le nombre de buts inscrits par des joueurs formés au club, ou
le ratio buts inscrits par des joueurs formés au club/buts inscrits.
Avec 11 réalisations, l'OL devance le FC Barcelone (7), Valence (5) et
un quatuor composé de Bordeaux, Nice, Aston Villa et l'Athletic Bilbao
(4). Cinq clubs de L1 composent le top 10 (avec Lorient et Metz, 8es).
Au total, 35 clubs sur 98 sont classés, le «bonnet d'âne» revient au
Real Madrid (0 sur 18), voire Chelsea (0 sur 16) ou le PSG (0 sur 13).
Avec
l'OL, trois autres équipes européennes ont inscrit 100% de leurs buts
avec des joueurs formés au club : Aston Villa (4 sur 4, deux
réalisations de Gabriel Agbonlahor et Andreas Weimann), Levante (1 sur
1, Ruben Garcia Santos) et l'Athletic Bilbao (4 sur 4, deux buts d'Aritz
Aduriz, un d'Iker Muniain et un autre d'Ander Iturraspe). Dix
formations affichent un ratio supérieur ou égal à 50% : trois françaises
(Lyon, Nice et Lorient), trois espagnoles (Athletic Bilbao, Levante et
le FC Barcelone), deux anglaises (Aston Villa et West Bromwich), une
italienne (Empoli) et une allemande (Stuttgart).

Aucun commentaire: